L’église de Prats de Sournia

Dédiée à Saint Félix deGérone avec Saint Cucufat.

        A l’origine il existait une petite chapelle romane, située à l’extérieur du village, sur le sentier conduisant à Pézilla du Conflent. Elle était dédiée à Saint Cucufat ( St. Couat, en catalan). Ce saint était très invoqué en pays catalan, il était sensé guérir et protéger de la peste Sous Charlemagne, sa dépouille fut apportée dans les Vosges, puis déposée à St. Denis en 835. On le fête le 25 juillet. Il s’agit d’un saint africain qui fut martyrisé à Barcelone sous Dioclétien (284 – 305).

      Sous Charlemagne, sa dépouille fut apportée dans les Vosges, puis déposée à St. Denis en 835. On  le fête le 25 juillet. 

      Les Wisigoths arianistes, avaient une dévotion particulière pour les saints et saintes africains. Ce qui laisse présumer que cette chapelle était Wisigothe, comme Ste. Félicité et Saint Michel à Sournia. Elle fut entièrement rasée  et il ne reste que les traces des fondations. Nous ignorons les causes de sa destruction.

       L’église actuelle située en bordure du village, est romane et pourrait d ater du XIème siècle, des documents d’archives attestent de son existence en 1334. La bâtisse d’aspect modeste ne présente d’intérêt architectural particulier, à l’intérieur le mobilier est peu important.

       Un inventaire du mobilier et statuaire a été fait, on dénote deux époques XIIIème et fin XIIIème et début XVIIIème siècle.  Bien que peu nombreux il n’en est pas moins important par les messages qu’il nous apporte.

       L’étude attentive de ces objets, nous révèle l’existence d’un culte particulier qui remonte à l’origine du christianisme et de l’église d’Egypte.

      Commençons par Saint Félix de Gérone auquel l’église est dédiée avec Saint Cucufat. 

      Il s’agit également d’un saint africain qui fut martyrisé à Gérone (Espagne), (200-260), il fut décharné, c’est la raison pour laquelle il tient un os long dans sa main.

       La statue doit dater de la même époque que le retable. Il existe un monastère Wisigoth, Saint Félix de Gérone en Catalogne, qui fut fondé par l’abbé Jean de Biclar (540 – 621), qui fut évêque d’influence grecquo-byzantine à Gérone. Cet élément nous permet de dater approximativement la création de la première chapelle et le type de culte.

 

stcucufat.jpg  stflixdegirone.jpg    

Quelques dates repères : 

- 416 les Wisigoths s’installent au sud de la Loire et en Espagne. Il sont chrétiens arianistes, ils ne reconnaissent pas la divinité de Jésus qui est considéré comme un prophète, mais non comme le fils de dieu, mais également la virginité de Marie sa mère. Cette hérésie, est condamnée par le 1er concile de Nicée en 325 et au IIème concile de Constantinople en 381.

- 507 Clovis, poussé par Rome, envahit le sud de la France et détruit Toulouse (1ère croisade contre l’hérésie). Les Wisigoths se replient sur les contreforts des Pyrénées et les Corbières.

- 550 créations de l’évêché Wisigoth arianiste d’Elne.

- 586 le roi Wisigoth RECAREDE, se convertit au catholicisme et reconnaît la suzeraineté de Byzance.                                                                                                                                                                      

                                                                                                 

Les rois Wisigoths, étaient très tolérants, toutes les religions étaient acceptées et se pratiquaient librement. Il est donc pratiquement certain que l’arianisme a perduré jusqu’à  la croisade contre les cathares en 1209.

Sachant que le christianisme arianiste était fortement inspiré du manichéisme (le persan Mani. 216-273) et de la religion chrétienne égyptienne, nous pouvons dès à présent étudier le mobilier sous un aspect plus ésotérique.

      

laviergelenfant.jpgLa statue de la vierge à l’enfant, qui est placée en bas d’une vitrine. Très ancienne estimée du XIIIème siècle. L’observation nous révèle qu’elle n’est pas debout, mais assise (en majesté), le trône étant dissimulé par un manteau. Cette représentation est assez rare et nous rapproche du culte d’Isis, très populaire en Egypte, Grèce et empire romain. Ce culte fut interdit vers le VIème siècle. Cette déesse est généralement représentée assise sur un trône, portant son fils Horus. Il reste quelques traces de teintes polychromes qui font apparaître deux couleurs distinctes : le rouge couleur du sacrifice d’Osiris, de la passion et de la résurrection ;  le vert, couleur de la vie, de la fécondité et de la fertilité. Ces deux couleurs font partie des attributs traditionnels d’Isis.

dscn0357.jpgLa vierge dorée : dans la chapelle sud, une statue de la vierge debout, dorée, fait face à une autre vierge. Elle présente la particularité d’être enceinte, la poitrine est gonflée et tient les bras écartés en signe d’accueil. Son pied gauche repose sur un serpent. Ce dernier ne représente pas le diable contrairement à la croyance populaire, mais la « vouivre ». Il s’agit de la représentation des forces souterraines, non visibles, géomagnétiques, qui apportent la vie, la fertilité, la fécondité.

 

dscn0359.jpgLa fresque : Sur le même mur, une fresque partiellement restaurée fait apparaître Saint Jean le Baptiste. Ce saint ainsi que Marie Madeleine, faisaient l’objet d’une dévotion importante, dans le sud de la France et sur plantaient les autres saints et saintes.aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

aaaaaaaa

rtable2.jpg Le retable : en  bois doré polychrome, a été probablement réalisé lors de la restauration de l’église, avec l’ouverture à l’ouest, vers le début du XVIIIème siècle. Il présente une singularité sur la partie supérieure dominant l’autel. Un oiseau de couleur sombre, ailes déployées, pouvant être un corbeau, remplace la colombe du Saint Esprit. Dans la mythologie Perse et Grecque, le corbeau est considéré comme le messager des dieux, le gardien du secret et symbole solaire. D’autre part selon la légende, ce n’est pas une colombe qui descendit sur Jean le Baptiste, mais un corbeau qui apporta le message de Dieu.

symbolenondfinidanslglisedepratsdesournia.jpgLe motif géométrique : le dernier message ésotérique, est au centre de la voûte de la chapelle dédiée à la vierge. Il est suffisamment rare pour justifier une étude particulière. Il date probablement de la création du retable et de la réalisation de la fresque St. Jean Baptiste, soit début XVIIIème siècle. Il s’agit d’un motif géométrique inscrit dans trois cercles. La figure représente deux triangles pointes opposées, orientées sud-nord, au centre un losange. 

       Interprétation du motif : Le triangle sud représente le principe mâle ou le feu, le triangle nord le principe femelle ou l’eau, leur combinaison (losange) symbolise l’activité créatrice du cosmos, représenté par les cercles.  Il s’agit du concept de base du culte d’Isis. 

       Cette étude permet de déterminer que plusieurs cultes chrétiens se sont pratiqués selon les époques dans cette église : l’arianisme, et plus tardivement un catholicisme empreint de jansénisme dont l’évêque d’Alet, Nicolas PAVILLON, fut un fervent défenseur par la publication des instructions sur le rituel du diocèse d’Alet (1667) et, condamné par le pape Clément IX en 1668.

       Cette modeste église, nous a-t-elle livré tous ses secrets ? Plusieurs questions se posent encore : A l’origine y avait-il un tableau sur le panneau central du retable, qui aurait été enlevé par les autorités éclessiastiques ? Qui a commandité la confection du retable et la décoration de l’église ? 

André C

Laisser un commentaire

 

la passion d'échanger |
Les Ecuries de Petit Loup |
MES COLLECTIONS |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | OVERBLOG
| zahida15
| Poker Passion